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L’arrêt de mort des circonscriptions acadiennes

Je viens de recevoir une petite note de Gérard Thériault, notre délégué pour la Grande branche de « F. Léo & Marguerite R. Theriault » de la Pointe de l’Église, en la Nouvelle-Écosse. Gérard faisait parvenir un article qui a été écrit par Pierre Allard du papier « Le Droit » au Canada. L’article porte sur la scène politique en Nouvelle-Écosse concernant le «charcutage» des régions largement acadiennes de la Nouvelle-Écosse. Voici l’article.

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Les régions acadiennes: Clare, Argyle et Richmond.

Les régions acadiennes: Clare, Argyle et Richmond. (Cliquez la carte pour agrandir.)

Depuis l’an dernier, les Acadiens de Nouvelle-Écosse poursuivent un combat – jusqu’à maintenant perdant – contre le gouvernement néo-démocrate provincial dirigé par Darrell Dexter dans l’espoir de maintenir une désignation spéciale qui protégeait trois circonscriptions à majorité acadiennes (Clare, Argyle et Richmond) dans les régions du Cap-Breton et de la baie de Fundy. Il est grand temps que les francophones des autres régions du pays s’en informent et les épaulent.

Dans un premier temps, interprétant le mandat donné par le gouvernement Dexter comme un guide plutôt qu’une directive, la commission provinciale de délimitation des circonscriptions électorales avait redécoupé les frontières en conservant quatre circonscriptions à population réduite – les trois acadiennes et une dernière composée d’une majorité de citoyens de race noire. Le gouvernement a rejeté le rapport de la commission et lui a ordonné d’éliminer les écarts de population de plus de 25% de la moyenne du nombre d’électeurs.

Le membre acadien de la commission, Paul Gaudet, a vainement plaidé pour les siens et son vibrant rapport dissident n’a pas infléchi la volonté du gouvernement néo-écossais.

«En tant qu’Acadiens, écrivait-il, nous sommes en danger de perdre notre identité. Nous devons lutter quotidiennement pour être pleinement Acadiens. (…) L’expulsion, l’assimilation et maintenant la menace de perdre notre voix à l’Assemblée législative de la Nouvelle-Écosse m’amènent à croire à l’extinction lente et douloureuse du peuple acadien.»

La Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse, appuyée par les autres organisations acadiennes du Nouveau-Brunswick, de l’Île-du-Prince Édouard et de Terre-Neuve, a répondu par un préavis de poursuite judiciaire, déposé en décembre, que le ministre provincial de la Justice, Ross Landry, a jeté à la poubelle (par erreur, dit-il…). La question se transportera donc devant les tribunaux, mais ne se réglera sûrement pas avant la prochaine élection, qui pourrait avoir lieu cette année. Il est donc possible qu’aucun Acadien ne siège à la prochaine législature.

Les 26 membres du conseil d’administration de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) ont récemment déclaré d’une seule voix leur solidarité avec les Acadiens de la Nouvelle-Écosse, s’inquiétant notamment du précédent créé et des effets possibles pour les autres minorités francophones du Canada. La FCFA a également transmis un message d’appui à la communauté noire de la circonscription de Preston, elle aussi occise par la volonté du gouvernement néo-démocrate. On peut imaginer ce qu’en pense Yvon Godin, le combatif Acadien, et ses collègues du caucus francophone du NPD à Ottawa.

Transmettons à M. Dexter et à ses semblables un message clair et percutant: la tentative de génocide de 1755 ne vous suffisait-elle donc pas? Fallait-il, après avoir expulsé les Acadiens de leurs terres et forcé leur dispersion aux quatre coins de la Nouvelle-Écosse, après avoir supprimé leurs droits linguistiques et refusé jusqu’à la fin du xxe siècle de permettre un réseau complet d’écoles françaises, fallait-il – après tout cela – s’organiser pour les rayer de la carte électorale et ainsi s’assurer que les doux accents du Français acadien ne choquent plus jamais les oreilles de la «majority» à la législature?

Sachez, chers néo-démocrates néo-écossais, que votre arrêt de mort des circonscriptions acadiennes constitue un affront à l’ensemble de la francophonie canadienne, y compris celle du Québec, qui ne s’est jamais comportée ainsi envers sa population anglophone. Si les tribunaux ne vous rappellent pas votre devoir envers la minorité de langue officielle dans votre province, il faut espérer que vos francophiles cousins fédéraux à Ottawa s’en chargent. S’ils ne le font pas, on leur demandera des comptes en 2015.

Et aux gens de Chéticamp, de Pointe-de-l’Église et des autres communautés acadiennes de la Nouvelle-Écosse, sachez que vous n’êtes pas seuls.

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À propos de J. R. Theriault

(Traduction française suit) Retired Electrical Engineer specialized in computer and software engineering. Served in US Air Force for 22 years and later with Raytheon for 21 years developing international air traffic control systems. An amateur genealogist interested in Terriot family genealogy and family history since 1970. Most interested in establishing a dialogue between the hundreds of family branches. Founded Terriot Acadian Family Society in 1999 and has been publisher of its website at www.terriau.org. His first book "Destination: Madawaska" which is bilingual, was published in 2009. It presents the history of the Acadians in the Madawaska territory. He is currently working on his second book "Moulins du Madawaska Mills of Madawaska" to be published next year. / Retraité ingénieur électrique spécialisé en informatique et génie logiciel. Servi dans la Force aerienne des États Unis pendant 22 ans et plus tard avec Raytheon pour 21 années de développement des systèmes internationaux de contrôle du trafic aérien. Un généalogiste amateur intéressé depuis 1970 à la généalogie de la famille Terriot et de l'histoire de la famille . Plus intéressés à établir un dialogue entre les centaines de branches de la famille. A fondée la Société de la famille acadienne Terriot en 1999 et a été éditeur de son site à www.terriau.org. Son premier livre "Destination: Madawaska», qui est bilingue, a été publié en 2009. Il présente l'histoire des Acadiens dans le territoire du Madawaska. Il travaille actuellement sur ​​son deuxième livre "Moulins du Madawaska / Mills de Madawaska" qui sera publié l'année prochaine.

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